Le billet d'Yves #5

par roqueeva  -  16 Juin 2014, 18:52  -  #Brésil

(Photo lemag.rueducommerce.fr)

(Photo lemag.rueducommerce.fr)

Ce garçon est fou. Définitivement.

Mais d'une douce folie qui vient égayer les fins de journée.

Yves, billet n°5...

 

Le billet d'Yves #1

Le billet d'Yves #2

Le billet d'Yves #3

 

Lettre à un fan de football qui ne peut pas assister

à la coupe du monde

 

Cher passionné de la chose footballistique, contraint au travail lorsque les plus beaux matchs sont retransmis. Que tu sois dans les métiers de bouche, urgentiste, planton à Buckingham Palace ou traversant l'Atlantique à la rame, je connais ta frustration de ne pouvoir assister à la plupart des rencontres de légende. Cette coupe du monde, c'est aussi la tienne. Tu as payé ta redevance et tu connais quelqu'un qui connait quelqu'un qui soutient une des nations engagées dans le tournoi.

Et puis tu aimes tant mater un beau match, le commenter au sein d'un aréopage de copains hystériques qui boivent de la bière et qui rotent et qui pissent sur le port d'Amsterd... heu... qui s'exaltent avec toi devant un dribble élégant ou un but somptueux.

Je sais ta souffrance, lorsqu'habillé en pingouin obséquieux, tu présentes à une rombière choucroutée son « croquant de framboises dans son jus de grenade » alors que chez toi, c'est la fête du foutchaball et que ton copain René, au chômage, s'enfile tous les matchs au bistro.

Salut à toi aussi, employé de la sécurité des autoroutes, obligé d'aller ramasser les débris de deux connos qui se sont rentrés dedans à 140 sur l'A10, alors que, de garde dans ton petit garage tu avais bricolé une vieille antenne pour suivre France-Uruguay.

Pensées aux pompiers, aux flics, aux toubibs d'astreinte, aux maris dont la femme a réservé au théâtre pour voir « Le soulier de satin » (version longue) le soir de France-Brésil. Et l'acteur justement qui joue pendant la compétition en suppliant ses camarades de ne pas lui révéler le score à la mi-temps de son entracte. Une fois rentré chez lui, avide, il prétend regarder seul le match enregistré et s'endort pendant les hymnes nationaux.

Oui, je connais la terrible frustration du patriote qui rêve de supporter son équipe depuis son canapé mais qui loupe la grande fête du ballon rond.

Et je le dis tout net, dimanche soir, Franck, je viens parce que tu es mon pote, mais je m'en bats les c... de ton anniv'.

A suivre, mais pas sûr.

Yves