C'était le 12 juillet 1998

par roqueeva  -  12 Juillet 2014, 08:09  -  #Brésil

C'était le 12 juillet 1998

Sans doute sommes nous tous un peu nostalgiques de ce 12 juillet 1998. Comme d'autres événements - heureux ou malheureux - nous savons ce que nous faisions ce jour-là. Match ou pas. Roland Barthes l'aurait-il ajouté dans ces Mytholigies... ?

Ce dimanche 12 juillet 1998, je regardais le match sur un drap blanc tendu au milieu de la campagne non loin de Nice. Un jour particulier, jour de mariage pour des amis. Et jour de communion pour une partie du peuple français.

Rapidement, après avoir lancé l'idée de cette coupe du monde sur le blog, Elisabeth m'a envoyé ce texte. Son 12 juillet 98. Une façon de raconter le sport autrement. Un moyen de prouver que l'événement sportif nous lie, nous réunit. Provoque des émotions communes. Créer des souvenirs communs.

J'ai gardé ce papier comme d'autres. Espérant les publier le 13 juillet 2014, un soir de finale Brésil - France. Mais demain, ni l'équipe du Brésil, ni celle de la France ne seront sur un terrain. Alors, notre finale, c'est aujourd'hui...

Eva

 

12 juillet 98 : ma finale franco-brésilienne

 

Marie-Luci est Brésilienne mais pas que. Elle est aussi Française par son mariage et même élue de la République : adjointe au maire dans une ancienne coté textile du Nord.

Journaliste de presse locale, j’ai la joyeuse idée de l’inviter à regarder chez moi la finale du 12 juillet 1998. Nous sommes trois : Michel, un de ses collègues élu, fervent supporter de football qui affiche 40 années sur les terrains ; notre Franco-Brésilienne et moi. « Quel que soit le vainqueur je serai contente », affirme Maria-Luci qui a pourtant revêtu les couleurs brésiliennes …


La soirée commence avec des bulles … Il faut ce qu’il faut ! Je vais travailler jusqu’au bout de la nuit mais tant pis, j’ai avant tout le sens de l’hospitalité.
Composition des équipes, hymne brésilien, Marseillaise … Les 22 acteurs et le trio arbitral sont prêts à en découdre, à s’assurer de la bonne tenue des débats.
Côté salon, les verres sont pleins et les pizzas sont chaudes. Coup de sifflet !

27e minute : corner d’Emmanuel Petit qui trouve Zidane qui, de la tête, trouve la cage adverse : 1-0. Nous sommes deux à bondir du canapé ! La première mi-temps touche à sa fin. Dans les prolongations le même duo joue un bis repetita.

Les joueurs rentrent au vestiaire... Je sors une seconde bouteille, histoire de détendre l’atmosphère et de montrer à mon invitée d’honneur qu’aucun complot anti-brésilien n’est ourdi dans mon salon !

 

Seconde mi-temps. Les Brésiliens pressent. Une occasion en or s’offre à eux. Maria-Luci encourage ses compatriotes et croit à la réduction du score. Mais Barthez veille et bloque la balle adverse !
67e minute : Dessailly est exclu. A dix, les Bleus vont-ils tenir face à l’Armada jaune et verte ?
Un ballon adverse frappe la barre. Déception d’un côté, soulagement de l’autre !

Le match se poursuit… Les minutes s’égrènent comme si l’horloge se prenait pour un jeu de Scrabble « compte double ; compte triple ». Le temps réglementaire s’achève quand … Manu Petit ! Et voilà le 3-0 ! Les Bleus gagnent « leur » Coupe du Monde. Déjà les premiers klaxons dans les rues...
Nous sommes des millions, plantés devant nos écrans, à exulter. Des millions sauf quelques-uns, comme Maria-Luci.

On a beau être Français de cœur, il y a des soirs comme ça où vos racines brésiliennes piquent un peu !

Elisabeth Ehrmann (@EEhrmann)

 

 

Les Yeux dans les Bleus...