Une vache, du raisin et des cieux

par roqueeva  -  18 Septembre 2014, 07:59

Une vache, du raisin et des cieux

Les heures passent. Les jours avec. Les nuits sont courtes. 

Tout se condense. Une vie intense qui n'échappe pas à son lot de sourire, de fous rires.

Des zygomatiques jamais rouillées et des émotions toujours ancrées...

Parce que...

- J'ai vu la nouvelle série d'Arte : P'tit Quinquin. Un ovni télévisuel. Quatre épisodes, une enquête policière (qui a foutu des corps humains dans le cul des vaches ?), des personnages (pas des acteurs, mais les gens du patelin où la fiction a été tournée) aux gueules cassées et à l'accent marqué, du burlesque comme si Jacques Tati avait croisé les Deschiens dans un décor des frères Dardenne. J'ai ri. Beaucoup. J'ai été émue. Beaucoup. Par les visages, et cette poésie en filigrane. On aime ou on aime pas. Qu'importe.

- Je suis allée à la cantine. Rien d'exceptionnel me direz-vous. Pour ceux qui auraient loupé le feuilleton de l'été "Tente de faire une caïpirinha avec des avocats", épisode 2. Une coupelle, des grains de raisin. De gros grains. Déjà nettoyés. Prêts à être ingurgités. Au premier coup de dent pourtant, une substance dure. Comme un noyau. Ah non, c'est vraiment un noyau. Dans un grain de raisin ? What the fuck ? (besoin de traduction?). Et plutôt que de me taire, d'analyser cette situation quelque peu ubuesque et d'essayer de comprendre quel aliment était venu se nicher dans ma bouche, j'ai cru bon de dire à la tablée "Il est bizarre ce raisin. Y'a des noyaux". Pauvre pomme ! (ou banane, comme vous voulez) : c'est des prunes ! Voilà. Ai-je besoin de rajouter des détails ? De vous dire que mon fou rire a été aussi contagieux qu'Ebola dans la cantoche aux lumières criardes ?

- J'ai touché du doigt le ciel. C'est le même spectacle tous les matins. Enfin... Non justement. Ce n'est jamais le même. Se lever tôt à un avantage. Celui de voir le soleil muer et le ciel se métamorphoser. Et tous les matins, mes yeux dans les cieux, la tête dans les nuages, je découvre et m'ébahis de ce ballet naturel. Une photo parfois et surtout une émotion unique. 

- J'ai senti un parfum. Dans la rue. En croisant un inconnu. J'ai à peine vu sa silhouette disparaître le long du trottoir. Son parfum s'évaporant en quelques secondes dans l'air ambiant. Comme une Madeleine de Proust, les fragances m'ont envahie me rappelant aux souvenirs d'un être aimé. Le parfum connu de l'inconnu m'offrait un sourire inattendu.

- J'ai entendu la voix d'Arthur H s'élever un matin. Une voix grave. Des mots qui sonnent aux rythmes d'une douce mélodie. Chanter l'amour, les femmes, le soleil et l'espace. Et ravir les esgourdes...

 

Une vache, du raisin et des cieux.

Et un ravissement quotidien.

gégé 18/09/2014 11:43

Quel plaisir de te lire!