10/10

par roqueeva  -  4 Août 2016, 08:58

10/10

Rudy, c'est l'ami. L'ancien confrère de Nice-Matin. Un féru de sport. Un fidèle du blog aussi.

Il a été un des premiers à m'envoyer ce texte. Pour partager un moment que nous n'avons pas tous vécu mais dont nous avons tous entendu parler. Retour à Montréal en 1976. Sur le praticable, une gamine de 14 ans débarque de Roumanie...

 

La bafouille de Rudy (@rudrud8 sur Twitter)

 

Pour moi, mes premiers souvenirs des JO ont un parfum de Roumanie. Plus précisément d'une gymnaste hors pair : Nadia Comaneci !

J'avais 9 ans et je me souviens encore des 10/10 de la jeune championne. Prémices de l'école des fans de Jacques Martin et de ses notations (les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître).

À Montréal, pas de suspicion de dopage, de boycott ou d'athlètes privés de Jeux (enfin dans mon souvenir car malheureusement ce n'était pas le cas). Seul le plaisir de voir des disciplines étranges comme les barres asymétriques, le sol, le cheval d'arçon ou les anneaux.

Pour moi le footeux, une vraie découverte et surtout l'envie de suivre tous les agrès.

Depuis, je suis un grand fan des JO et tous les 4 ans, je suis scotché devant mon poste (comme dit ma grand mère ), au grand dam de ma femme.

J'ai hâte d'aller à Rio par Jeux interposés, hâte de crier, d'applaudir, d'encourager, de critiquer mes chers athlètes.

Allez zou, je vous souhaite de grands JO et vais courir un peu, beaucoup même, avant de ne faire plus qu'un avec mon fauteuil.

 

PS : Je peux revoir des dizaines de fois le passage de Nadia Comaneci aux barres asymétriques et ressentir à chaque fois le même frisson. Me dire à chaque fois "mais comment elle fait pour aller si vite". Imaginer à chaque fois qu'elle va chuter. Et me sentir soulagée à sa sortie. Il faut avoir essayé une fois dans sa vie cette discipline pour comprendre la difficulté de l'exercice. Sentir les ampoules naître au creux de ses mains malgré la magnésie, souffrir de ne pouvoir enchaîner les figures, avoir peur du vide...

L'histoire de Nadia Comaneci, c'est celle d'une athlète hors du commun, d'une athlète de l'Est aussi. Devenue l'objet de propagande des Ceausescu. Une Roumaine comme les autres, obligée de patienter des heures devant des magasins pour espérer quelques vivres. Une fille placée sous surveillance permanente qui éprise de liberté a fini par fuir son pays une nuit de 1989.

Ce destin est le sujet d'un excellent documentaire diffusé le 23 août sur Arte à 22.20. Je vous le conseille vivement.

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